Jusqu’ici, oublier un versement au pilier 3a avant le 31 décembre avait une conséquence assez sèche : la déduction fiscale de l’année était perdue. Depuis le 1er janvier 2025, le droit fédéral permet de combler ultérieurement certaines lacunes. Le premier rachat est possible en 2026, pour une cotisation manquée ou incomplète de 2025.
Le mécanisme n’est toutefois ni une prolongation du délai de paiement 2025, ni une correction rétroactive de la déclaration d’impôt 2025. Le rachat est un versement distinct, effectué et déduit en 2026, à condition de respecter plusieurs exigences.
Avant de verser, il faut donc reconstituer la lacune, payer intégralement la cotisation ordinaire 2026, déposer une demande auprès de l’institution 3a et conserver l’attestation. Le virement spontané est ici une méthode un peu trop créative.
En bref
- Seules les lacunes apparues dès 2025 peuvent être rachetées ; 2024 et les années antérieures restent exclues.
- Pour racheter une lacune 2025, il faut avoir perçu en 2025 et en 2026 un revenu d’activité lucrative soumis à l’AVS en Suisse.
- La cotisation ordinaire maximale de 2026 doit avoir été intégralement versée avant le rachat.
- Le total des rachats d’une année est limité à la « petite cotisation », soit CHF 7’258 en 2026, également pour une personne indépendante sans 2e pilier.
- La déduction intervient dans la déclaration 2026, pas dans celle de 2025.
- Une lacune annuelle ne peut être visée que par un seul rachat : un rachat partiel laisse donc un solde définitivement irrécupérable.
Mise à jour du 2 septembre 2026 : pour replacer cette règle parmi les autres postes à contrôler, voir également notre article sur les déductions de la déclaration d’impôt 2025 dans le canton de Vaud. Un rachat payé en 2026 ne modifie toutefois pas la déduction 2025.
Ce qui change concrètement dès 2026
Les nouveaux articles 7a et 7b OPP 3 autorisent les salariés et les indépendants à verser une cotisation de rachat lorsqu’ils n’ont pas utilisé tout leur plafond 3a au cours d’une année antérieure admissible. Le droit est entré en vigueur le 1er janvier 2025, mais il ne porte que sur les dix années de cotisation précédant l’année du rachat. La première lacune possible étant celle de 2025, le premier versement intervient logiquement en 2026.
Pour une lacune de 2025, le délai de dix ans court jusqu’en 2035 inclus. Attendre peut permettre de choisir une année où le revenu imposable est plus élevé, mais ce choix doit rester compatible avec la liquidité disponible, la durée de placement et les autres décisions de prévoyance.
Point essentiel : le rachat ne rouvre pas la période fiscale 2025. Il est fiscalement déductible l’année où il est versé. Un rachat exécuté en 2026 figure donc dans la déclaration d’impôt 2026.
Qui peut racheter une cotisation manquée en 2025 ?
Il faut réunir toutes les conditions, pas seulement constater qu’un compte 3a n’a pas atteint CHF 7’258.
| Condition | Conséquence pratique |
|---|---|
| Droit de cotiser en 2025 | Un revenu d’activité lucrative soumis à l’AVS en Suisse devait avoir été perçu en 2025. Sans droit de cotiser, il n’existe pas de lacune rachetable. |
| Droit de cotiser en 2026 | Le contribuable doit également percevoir un revenu soumis à l’AVS en Suisse durant l’année du rachat. |
| Cotisation 2026 complète | Le maximum ordinaire auquel la personne a droit en 2026 doit d’abord être versé. |
| Lacune réelle | La différence se calcule entre le maximum admissible en 2025 et le total effectivement versé en 2025, tous comptes et polices 3a confondus. |
| Aucun rachat antérieur pour cette lacune | Une même année de lacune ne peut être utilisée qu’une fois. |
| Aucune prestation de vieillesse 3a déjà perçue | Dès la première prestation de vieillesse 3a, même issue d’un seul compte, le droit à de nouveaux rachats s’éteint. |
Combien peut-on verser en 2026 ?
Trois plafonds doivent être distingués : la cotisation ordinaire 2026, la lacune effective de 2025 et le plafond annuel propre au rachat.
| Situation | Cotisation ordinaire maximale 2026 | Rachat maximal en 2026 |
|---|---|---|
| Personne affiliée à un 2e pilier | CHF 7’258 | Le plus petit montant entre la lacune admissible et CHF 7’258 |
| Personne sans 2e pilier | 20 % du revenu net d’activité lucrative, au maximum CHF 36’288 | Le plus petit montant entre la lacune admissible et CHF 7’258 |
Le plafond de CHF 7’258 s’applique au total des rachats effectués pendant l’année, même si plusieurs anciennes lacunes sont visées ou si le contribuable détient plusieurs comptes 3a. Les lacunes ne produisent par ailleurs aucun intérêt : on reprend le montant nominal manquant.
Exemple 1 : salarié ayant versé CHF 3’000 en 2025
Le plafond 2025 était de CHF 7’258. La lacune est donc de CHF 4’258. Si le salarié perçoit encore un revenu soumis à l’AVS en 2026 et verse d’abord la cotisation ordinaire 2026 de CHF 7’258, il peut ensuite racheter CHF 4’258. Le total déductible en 2026 atteint CHF 11’516, sous réserve du contrôle fiscal.
Exemple 2 : indépendant sans 2e pilier
Un indépendant réalisait en 2025 un revenu déterminant de CHF 75’000. Il pouvait verser CHF 15’000, soit 20 %, mais n’a payé que CHF 5’000. Sa lacune économique atteint CHF 10’000. En 2026, son rachat reste néanmoins limité à CHF 7’258. Comme la lacune 2025 ne peut faire l’objet que d’un seul rachat, le solde de CHF 2’742 ne pourra pas être repris lors d’une année ultérieure.
La procédure pratique en cinq étapes
- Reconstituer 2025. Rassembler toutes les attestations de comptes et polices 3a, puis déterminer le plafond applicable selon l’affiliation au 2e pilier et le revenu.
- Déterminer la lacune exacte. Soustraire du maximum admissible le total réellement crédité en 2025. Un ordre de paiement exécuté en janvier 2026 ne compte pas pour 2025.
- Verser le maximum ordinaire 2026. Le rachat est subsidiaire : il ne remplace pas la cotisation de l’année courante.
- Déposer une demande préalable. La demande écrite et signée — ou le processus électronique admis par l’institution — doit indiquer le montant, l’année visée, les cotisations déjà versées et les confirmations requises.
- Conserver l’attestation et déclarer en 2026. L’institution contrôle la demande, autorise le montant admissible et délivre une attestation détaillée à joindre ou à conserver selon les exigences de l’autorité fiscale.
Le piège du rachat partiel : une seule chance par année de lacune
La règle mérite d’être répétée, car elle peut coûter plusieurs milliers de francs : une lacune correspondant à une année donnée ne peut être comblée qu’au moyen d’un seul rachat. Si une lacune de CHF 7’258 n’est rachetée qu’à hauteur de CHF 3’000, les CHF 4’258 restants sont perdus pour un rachat futur.
Inversement, un seul versement peut couvrir plusieurs petites lacunes annuelles. Cette souplesse exige de préciser la ventilation par année. Lorsqu’il existe plusieurs lacunes, il est souvent prudent de traiter d’abord la plus ancienne et d’éviter de répartir un montant insuffisant entre plusieurs années : chaque année partiellement utilisée est ensuite fermée.
L’économie fiscale n’est pas le seul critère
Le rachat diminue le revenu imposable de l’année du paiement. Son effet dépend donc du taux marginal d’imposition, du canton, de la commune, de la situation familiale et des autres déductions. Une déduction de CHF 4’258 ne signifie pas une économie d’impôt de CHF 4’258 : elle réduit la base imposable de ce montant.
Il faut aussi tenir compte du blocage de la prévoyance liée, de l’imposition séparée du capital au retrait, des frais et de la stratégie de placement. Selon le dossier, une cotisation 3a ordinaire, un rachat LPP, l’amortissement d’une dette ou le maintien d’une réserve de liquidités peut être prioritaire. La meilleure déduction fiscale est parfois celle que l’on peut financer sans assécher son compte courant.
Ce que l’autorité fiscale peut contrôler
L’institution 3a vérifie la demande sur la base des informations reçues, mais elle ne connaît pas nécessairement les versements effectués auprès d’autres fondations ou assureurs. L’attestation est indispensable ; elle ne garantit toutefois pas, à elle seule, l’acceptation définitive de la déduction. L’autorité fiscale cantonale reste compétente pour contrôler le droit au rachat et son montant.
Elle pourrait notamment refuser tout ou partie de la déduction si le contribuable n’avait pas de revenu soumis à l’AVS pendant l’année de la lacune, n’a pas versé le maximum ordinaire de l’année courante, a omis un autre compte 3a, a déjà utilisé la lacune ou a perçu une prestation de vieillesse 3a. Des informations inexactes ou incomplètes peuvent conduire à un rappel d’impôt et, dans les cas intentionnels, à une procédure fiscale pénale.
Comment Delta Conseil SA peut vous accompagner
Delta Conseil SA peut reconstituer les cotisations 3a versées, calculer la lacune admissible, vérifier la cohérence avec les revenus soumis à l’AVS et les autres mesures de prévoyance, puis préparer les informations nécessaires à la demande. Nous pouvons également contrôler l’attestation et le traitement du rachat dans la déclaration d’impôt.
Prudence
Le calcul dépend du statut LPP, du revenu déterminant, des versements effectués auprès de toutes les institutions 3a et de l’historique des prestations. Pour les indépendants sans 2e pilier, le plafond ordinaire peut dépendre du revenu définitif de l’année ; il faut donc coordonner le calendrier du versement avec le bouclement. En cas de changement de canton, de statut professionnel ou de départ à la retraite, un contrôle individualisé est recommandé.
Questions fréquentes
Puis-je encore verser en 2026 une cotisation qui sera déduite en 2025 ?
Non. Le rachat payé en 2026 est déductible du revenu 2026. Il ne modifie pas la déclaration ni la taxation 2025.
Puis-je racheter des cotisations manquées avant 2025 ?
Non. Le droit transitoire exclut toutes les lacunes antérieures à 2025, même si elles se trouvent mathématiquement dans les dix années précédentes.
Dois-je verser le maximum 3a en 2026 avant le rachat ?
Oui. Il faut avoir intégralement versé la cotisation ordinaire maximale à laquelle vous avez droit en 2026. Le rachat vient en supplément.
Puis-je répartir une lacune 2025 sur plusieurs années ?
Non. Vous pouvez choisir l’année du rachat jusqu’en 2035, mais la lacune 2025 ne peut être visée qu’une fois. Un rachat partiel clôt donc aussi cette lacune.
Puis-je racheter après avoir retiré un compte 3a à la retraite ?
Non. Dès la première perception d’une prestation de vieillesse 3a, il n’est plus possible d’effectuer de rachat, même si d’autres comptes 3a restent ouverts et qu’une activité lucrative se poursuit.
Sources officielles
- Fedlex — Ordonnance sur les déductions admises fiscalement pour les cotisations versées à des formes reconnues de prévoyance (OPP 3), notamment art. 7a, 7b et 8
- Conseil fédéral — Le Conseil fédéral introduit la possibilité d’effectuer des rachats dans le pilier 3a, 6 novembre 2024
- Office fédéral des assurances sociales — Le troisième pilier : déductions fiscales et rachats
- OFAS — Bulletin de la prévoyance professionnelle no 165 : modification de l’OPP 3 et commentaire
- Intendance des impôts du canton de Berne — Cotisations au pilier 3a, exemples de rachats
Dernière vérification juridique : 2 septembre 2026.
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